ºÚÁÏÍø±¬³Ô¹Ï

Journée internationale des femmes et des filles de science 2026 : Comment la communauté D2R peut contribuer à bâtir des futurs inclusifs

Le 11 février marque la Journée internationale des femmes et des filles de science. Le thème de cette année : « Synergiser l’IA, les sciences sociales, les STIM et la finance : construire des futurs inclusifs pour les femmes et les filles » souligne l’importance d’une collaboration interdisciplinaire pour façonner un avenir scientifique équitable.

D2R est une initiative de recherche interdisciplinaire qui accorde une grande importance à la représentation de genre en science et qui s’engage à faire progresser le développement de thérapeutiques à base d’ARN afin d’améliorer la santé des personnes de tous les sexes et de tous les genres. Nous nous sommes récemment entretenu·e·s avec la directrice scientifique associée de D2R, la professeure Amélie Quesnel-Vallée, ainsi qu’avec Alice Morgunova, stagiaire D2R, qui ont partagé leurs perspectives sur la signification de cette journée.‑Vallée, ainsi qu’avec Alice Morgunova, stagiaire D2R, qui ont partagé leurs perspectives sur la signification de cette journée.

En quoi la présence des femmes dans la recherche liée à D2R peut-elle faire une différence dans notre société ?

Prof. Quesnel-Vallée : La présence des femmes dans la recherche D2R est importante non seulement parce qu’elle est juste, mais parce qu’elle peut transformer les questions que nous posons, les problèmes que nous priorisons et les populations que nous plaçons au centre. Lorsque les femmes et les personnes issues des minorit/s de genre sont représentées de manière significative dans la découverte, la traduction et la gouvernance, les orientations de recherche reflètent davantage les réalités vécues à travers le parcours de vie, y compris les responsabilités de soins, les maladies chroniques et les vulnérabilités sociales qui s’entrecroisent. Dans un domaine comme les thérapeutiques à base d’ARN, où l’innovation passe rapidement du laboratoire au chevet, le leadership des femmes contribue à garantir que les avancées scientifiques soient non seulement de pointe, mais aussi socialement pertinentes et distribuées de façon équitable.

Alice Morgunova : Tout comme ignorer les microARN crée un vide , une matière noire, dans notre compréhension des maladies, exclure les femmes produit un vide parallèle dans l’enquête scientifique. Les expériences vécues affinent le choix des hypothèses, particulièrement dans les troubles complexes où les symptômes, l’évolution et les réponses aux traitements diffèrent selon le sexe. L’absence restreint la portée des questions et ralentit la découverte. L’inclusion, à l’inverse, transforme directement la conception expérimentale, la composition des jeux de données et la pertinence translationnelle. En recherche sur l’ARN, les perspectives des femmes mettent en avant l’influence des états hormonaux et des étapes de vie sur la régulation moléculaire et l’expression clinique. La diversité est une protection pratique contre la myopie biologique et clinique.

Prof. Quesnel-Vallée discute avec un collègue lors du symposium D2R

Comment l’intégration des perspectives fondées sur le sexe et le genre améliore‑t‑elle les retombées de la recherche sur les thérapeutiques à base d’ARN ?

Prof. Quesnel-Vallée : Les perspectives tenant compte du sexe et du genre renforcent la rigueur scientifique. Le sexe biologique influence des facteurs tels que les réponses immunitaires, la pharmacocinétique et les effets indésirables, tandis que le genre façonne l’exposition, le diagnostic, l’accès aux soins et l’adhésion aux traitements. Ignorer ces dimensions risque de produire des thérapies efficaces pour certaines populations mais moins pour d’autres. Les intégrer tôt dans la recherche sur l’ARN améliore la reproductibilité, la sécurité et l’efficacité, et accélère la traduction en réduisant les échecs en aval et les iniquités en matière d’impact clinique.

Alice Morgunova : Le sexe biologique influence la régulation de l’ARN dans chaque cellule, notamment l’inactivation du chromosome X, les effets hormonodépendants, ainsi que les différences dans la liaison de l’ARN, les niveaux d’expression, les profils d’épissage et les réseaux de régulation. Ignorer ces facteurs affaiblit les signaux, nuit à la traduction et risque d’aboutir à des thérapies efficaces pour certain·es mais inertes ou nocives pour d’autres. Intégrer le sexe comme variable biologique affine la sélection des cibles, les stratégies de dosage et l’évaluation de la sécurité, particulièrement pour les modalités d’ARN dépendantes du contexte cellulaire. Les perspectives de genre enrichissent également la conception des cohortes et le choix d’indicateurs cliniques pertinents. Dans mes travaux, les analyses stratifiées selon le sexe révèlent des effets de microARN invisibles dans des données regroupées. C’est un gain de puissance statistique, de clarté mécanistique et une responsabilité éthique.

Quels sont les principaux défis liés à la représentation des femmes en science, et que peut-on faire pour y remédier ?‑

Prof. Quesnel-Vallée : Les défis ne concernent plus seulement l’entrée en science, mais la progression, la reconnaissance et l’influence. Les femmes demeurent sous-représentées dans les postes de direction, dans les concours de financement à haut risque et à fort rendement, ainsi que dans les espaces décisionnels qui façonnent les trajectoires de recherche. Des obstacles structurels tels que les pénalités liées aux responsabilités de soins, les désavantages cumulés et l’accès inégal aux réseaux persistent. Pour y répondre, il faut dépasser les engagements symboliques envers l’équité et viser un changement structurel : critères d’évaluation transparents, mentorat et marrainage/soutien soutenus, répartition équitable de la charge de travail et reddition de comptes en matière de leadership inclusif.

Existe-t-il des domaines en santé des femmes où les thérapeutiques à base d’ARN pourraient être véritablement transformatrices ?‑t‑il des domaines en santé des femmes où les thérapeutiques à base d’ARN pourraient être véritablement transformatrices ?

Alice Morgunova: Les troubles psychiatriques et neuroendocriniens sont des cibles particulièrement prometteuses. Des conditions comme la dépression et l’anxiété, plus fréquentes chez les femmes, restent mal desservies par des diagnostics et des traitements reposant sur de longs processus d’essai-erreur. Les diagnostics à base d’ARN pourraient permettre une stratification précoce du risque grâce à des signatures de microARN circulants, identifiant les vulnérabilités avant que les symptômes ne deviennent graves ou chroniques. Cela ouvre une fenêtre pour des interventions opportunes. Les thérapeutiques à base d’ARN pourraient ensuite être utilisées comme solutions ciblées, par silenciation ou activation sélective pour corriger des déséquilibres moléculaires précis. Ensemble, ces approches pourraient transformer les soins en santé mentale des femmes, passant d’une gestion réactive des symptômes à une prévention et un traitement précis, guidés par la biologie.‑erreur. Les diagnostics à base d’ARN pourraient permettre une stratification précoce du risque grâce à des signatures de microARN circulants, identifiant les vulnérabilités avant que les symptômes ne deviennent graves ou chroniques. Cela ouvre une fenêtre pour des interventions opportunes. Les thérapeutiques à base d’ARN pourraient ensuite être utilisées comme solutions ciblées, par silenciation ou activation sélective pour corriger des déséquilibres moléculaires précis. Ensemble, ces approches pourraient transformer les soins en santé mentale des femmes, passant d’une gestion réactive des symptômes à une prévention et un traitement précis, guidés par la biologie.

Photo d'Alice Morgunova au laboratoire avec la professeure Cecilia Flores

Qu’espérez-vous voir changer pour les jeunes femmes entrant en science à l’avenir ?

Prof. Quesnel-Vallée : J’espère que les jeunes femmes qui entrent en science n’auront plus à choisir entre excellence et appartenance. Qu’elles verront un leadership qui reflète leur diversité, des parcours qui tiennent compte des transitions de vie sans qu’elles aient à s’expliquer ou s’excuser, et des cultures de recherche qui valorisent la collaboration, l’éthique et l’impact sociétal autant que l’innovation. Et surtout, j’espère qu’elles hériteront d’un écosystème scientifique où l’équité n’est pas un ajout, mais une condition fondamentale pour une meilleure science et de meilleurs résultats pour la société.

Alice Morgunova : J’espère que les jeunes femmes contribueront à définir les normes scientifiques plutôt que de devoir s’adapter à des normes dépassées. Une femme entrant dans la recherche sur l’ARN devrait pouvoir se concentrer sur la complexité du transcriptome, et non sur la navigation des biais ou de l’exclusion. Je souhaite qu’elle intègre un système qui offre une confiance structurelle grâce à des voies transparentes, à une évaluation équitable et à des possibilités de leadership dans le milieu académique, le diagnostic et l’industrie, afin que la réussite ne dépende pas d’une résilience exceptionnelle. Ce système devrait aussi récompenser la prise de risques intellectuels, en finançant des idées audacieuses dès le début au lieu d’orienter les femmes vers des projets plus conservateurs pour obtenir de la légitimité. Dans un tel environnement, le leadership devient attendu, et c’est l’impact, non le précédent, qui guide la découverte.

Back to top