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La prise en charge du sentiment de honte devrait être au cœur du traitement des victimes d’abus sexuels pendant l’enfance

Une étude révèle que le sentiment de honte n’est pas qu’un symptôme et qu’il peut entraîner d’autres conséquences
Young woman sitting against a wall and looking unhappy
Image par Getty images.
±Ê³Ü²ú±ô¾±Ã©: 10 February 2026

Une étude menée par une équipe de recherche de l’Université ºÚÁÏÍø±¬³Ô¹Ï sur le rôle que joue le sentiment de honte dans les traumatismes persistants causés par des abus sexuels pendant l’enfance indique que les traitements devraient faire une grande place à la prise en charge de ce sentiment. Selon l’équipe, les cliniciens devraient utiliser des stratégies pour normaliser la dénonciation, valider les sentiments des victimes et intégrer des techniques de résolution à leurs plans thérapeutiques.

Publiée dans la revue , l’étude fournit la première synthèse complète de 30 ans de recherche en langue anglaise sur le sentiment de honte que ressentent les victimes d’abus sexuels pendant l’enfance. L’étude montre que ce sentiment est lié à de graves conséquences sur la santé – comme la dépression, l’anxiété, le stress post-traumatique et les pensées suicidaires –, qu’il persiste dans le temps et qu’il empêche souvent les victimes de parler ou de demander de l’aide. Et même lorsqu’elles réussissent à en parler, de nombreuses victimes continuent à lutter pendant longtemps contre la honte, ce qui complique leur guérison.

Le sentiment de honte, obstacle à la dénonciation et au rétablissement

Selon les diverses études, on estime qu’à l’échelle mondiale, de 3 à 17 % des garçons et de 8 à 31 % des filles sont victimes d’abus sexuels pendant l’enfance, mais la stigmatisation et le sous-signalement pourraient cacher des taux réels plus élevés.

« La honte est le motif le plus couramment invoqué par les victimes pour ne pas dénoncer les abus », rapporte Rusan Lateef, autrice principale de l’article, qu’elle a rédigé pendant son doctorant à l’Université ºÚÁÏÍø±¬³Ô¹Ï. Elle est actuellement postdoctorante à l’Université de Sherbrooke.

Rusan Lateef souligne aussi que la réaction des adultes face à une dénonciation peut alléger ou alourdir le fardeau que portent les victimes.

« Souvent, les enfants se taisent parce qu’ils ont honte. Pour qu’ils se sentent suffisamment en sécurité pour s’exprimer, il faut bâtir des milieux bienveillants à la maison et à l’école et apprendre aux parents, aux enseignants et aux autres adultes de confiance à réagir avec empathie », conseille Rusan Lateef.

L’influence des normes de genre et des attentes culturelles

L’équipe de recherche a constaté que les victimes de tous les âges rapportaient des niveaux élevés de honte, mais aussi qu’il y avait des différences importantes entre les groupes.

Les victimes féminines ont exprimé des niveaux de honte plus élevés que les victimes masculines. Selon l’équipe de recherche, cela pourrait s’expliquer par le fait que les victimes masculines et féminines n’intériorisent et ne ressentent pas la honte de la même façon, ce qui pourrait influencer leur processus de guérison.

Les hommes n’étant généralement pas considérés comme les principales victimes de violence sexuelle, les victimes masculines lient souvent la honte à leur identité masculine et à ce qu’elles perçoivent comme un renversement des normes. Un des participants a évoqué la « puissance toxique » de la honte. Un autre a résumé ses effets persistants : « Avec le temps, la honte fait partie de toi ».

Il faut pousser les recherches

Des enfants de partout dans le monde vivent avec les conséquences d’abus sexuels. Pourtant, l’équipe de recherche a constaté que près de 90 % des 101 articles évalués par des pairs publiés entre 1994 et 2024 ne portaient que sur des victimes vivant dans des pays occidentaux. Seules 15 études ne s’intéressaient qu’aux victimes marginalisées en raison de leur race ou de leur origine ethnique.

« Les normes culturelles, les attentes liées au genre et la crainte de déshonorer la famille influencent profondément la manière dont les gens ressentent la honte et poussent de nombreuses victimes à garder le silence », résume Rusan Lateef. La chercheuse souligne également la nécessité de mener davantage de recherches sur le sentiment de honte qu’éprouvent les personnes issues de communautés marginalisées qui ont été victimes d’abus sexuels pendant l’enfance.


L’article « A Scoping Review of Shama Among Child Sexual Abuse Survivors Across the Lifespan: Findings and Trends Over Three Decades (1994–2024) and Clinical Implications », par Rusan Lateef et coll., a été publié dans la revue .

DOI :

Financement : Cette étude a été financée par une bourse d’études supérieures du Canada Joseph-Armand-Bombardier du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada accordée à Rusan Lateef.

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