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Symposium sur la santé numérique : de l’infrastructure de recherche aux soins cliniques

Les 3 et 4 novembre, la plateforme D2R-HeDS, en collaboration avec RSN, CORE, C3G et SD4H, a coorganisé à Montréal le « Symposium sur la santé numérique : de l’infrastructure de recherche aux soins cliniques », un événement de deux jours qui a réuni plus de 150 chercheurs en science des données, cliniciens et développeurs de plateformes afin d’explorer comment les infrastructures numériques peuvent contribuer à améliorer concrètement les résultats en santé.

La première journée a été consacrée à des mises à jour sur diverses initiatives de plateformes numériques, mettant en lumière des avancées techniques ciblées ainsi que leurs applications pratiques dans des projets de santé menés en milieu hospitalier et universitaire. Les discussions ont porté sur l’impact de l’accessibilité des infrastructures, de la disponibilité des données et de l’interopérabilité — des facteurs essentiels à l’évolution durable de la santé numérique.

La deuxième journée a proposé une série de conférences d’ouverture inspirantes. John Brownstein a démontré comment l’intelligence artificielle est intégrée avec succès au Boston Children’s Hospital; Lisa Strug a illustré la manière dont la recherche biostatistique peut soutenir la découverte de médicaments; et Ankit Malhotra a présenté les ressources offertes par AWS pour appuyer des projets de recherche en santé à fort impact. Les participants ont également découvert plusieurs initiatives émergentes en santé numérique actuellement développées dans différentes régions du Québec.

L’un des moments forts de l’événement a été la séance spéciale de D2R-HeDS consacrée à l’apprentissage automatique (ML) et à l’intelligence artificielle (IA) appliqués à la recherche moléculaire, animée par Hamed S. Najafabadi et réunissant Julie Hussin, Jérôme Waldispuhl et Nicolas Moitessier. Les échanges ont porté sur le rôle de l’apprentissage automatique, de l’intelligence artificielle et de l’informatique quantique dans la recherche moléculaire et la découverte de médicaments. Les participants ont notamment souligné des enjeux majeurs tels que l’équité et l’accessibilité des données, dont l’absence peut entraîner des biais importants et limiter la généralisabilité des modèles.

Tout au long des deux journées, les présentations ont mis en évidence plusieurs constats clés :

  • Sans accès aux données ni harmonisation de celles-ci, même les meilleures méthodes peinent à être déployées à grande échelle.
  • Le partage et la fédération des données doivent devenir des priorités nationales.
  • Un soutien durable des gouvernements et des institutions est nécessaire pour financer les normes, la gouvernance et les mécanismes d’intégration de dernière étape (« last mile ») qui permettent une utilisation efficace des données au chevet des patients.

Le symposium s’est conclu par une table ronde dynamique portant sur les thèmes communs ressortis des différentes séances. Un débat stimulant s’est engagé autour de la question suivante : l’innovation numérique doit-elle prioritairement viser l’efficacité opérationnelle (optimisation des processus hospitaliers, réduction de la charge de travail du personnel) ou le bien-être des patients (meilleurs traitements, diminution du stress et des temps d’attente, communication plus transparente)? Le consensus a été clair : les deux objectifs sont indispensables. L’excellence opérationnelle crée la capacité nécessaire, tandis que les solutions centrées sur les patients garantissent que cette capacité est investie là où elle a le plus d’impact.

some shots of the Digital Health Symposium event

« La science des données joue un rôle essentiel dans la transformation de vastes ensembles de données en connaissances exploitables », a déclaré Mathieu Bourgey, directeur de la science des données à D2R, lors de son allocution d’ouverture de la deuxième journée. « Cependant, d’importants défis subsistent, notamment en matière de biais, de qualité des données, d’interprétabilité, de transparence et d’interopérabilité. »

Bien que tous les enjeux importants n’aient pas pu être abordés durant l’événement, celui-ci a mis en lumière le besoin urgent de méthodes analytiques robustes, capables de s’adapter à des cohortes de plus en plus vastes et de modéliser la variabilité interindividuelle. C’est à cette condition que les résultats de recherche deviendront plus reproductibles et généralisables d’un ensemble de données à l’autre. Des événements comme celui-ci, qui réunissent méthodologues, praticiens, développeurs et chercheurs issus d’horizons divers, sont essentiels pour relever ces défis, renforcer les collaborations et faire progresser l’écosystème de la santé numérique.

En savoir plus sur D2R-HeDS:

D2R-HeDS est une plateforme de science des données de l’Université ºÚÁÏÍø±¬³Ô¹Ï soutenue par l’initiative DNA to RNA (D2R). Elle offre des services en bioinformatique, biostatistique, apprentissage automatique et intelligence artificielle, ainsi qu’en gestion des données. La plateforme propose également de la formation, des services-conseils et une expertise en gouvernance. En harmonisant la gestion et l’analyse des données ainsi que le partage des connaissances, et en fédérant l’écosystème de la science des données, D2R-HeDS fait le lien entre la découverte scientifique et son application concrète, favorise la reproductibilité et l’équité, et aide les chercheurs, cliniciens et partenaires à mener des recherches de grande qualité ayant une portée mondiale.

Explorez comment les chercheurs appliquent la science des données dans leurs projets financés par D2R.

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