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On peut apprendre à refuser des avantages injustes même s’il y a un coût à payer

L’observation et la reproduction de comportements chez autrui pourraient favoriser l’adoption de normes égalitaires dans la société
±Ê³Ü²ú±ô¾±Ã©: 11 February 2026

Selon une nouvelle codirigée par une équipe de recherche de l’Université ºÚÁÏÍø±¬³Ô¹Ï, il serait possible d’apprendre à refuser les avantages injustes.

« Il arrive souvent qu’une répartition inégale des ressources donne lieu à des avantages personnels; c’est ce qu’on appelle l’inégalité avantageuse. C’est notamment le cas lorsqu’une personne reçoit un salaire plus élevé qu’un collègue qui occupe un poste identique au sien, explique Ross Otto, auteur en chef de l’é³Ù³Ü»å±ð et professeur de psychologie. Nous avons cherché à savoir si une personne pouvait apprendre à refuser les inégalités avantageuses simplement en observant des comportements d’aversion à l’inégalité chez une autre personne. »

Publiée dans la revue eLife, l’é³Ù³Ü»å±ð montre que les participants étaient plus enclins à refuser les offres injustement avantageuses après avoir observé une autre personne le faire systématiquement.

« Les gens peuvent apprendre à dénoncer les inégalités avantageuses, quitte à perdre certains avantages », indique le Pr Otto.

Cette conclusion est surprenante, pour deux raisons.

Tout d’abord, on avait déjà établi que les gens rejetaient systématiquement les offres injustes qui les désavantageaient et qu’ils avaient tendance à accepter celles qui les avantageaient. Toutefois, avant cette é³Ù³Ü»å±ð, on ne savait pas exactement si une personne pouvait apprendre à privilégier l’équité dans les deux cas de figure.

Ensuite, l’é³Ù³Ü»å±ð indique que ce processus d’apprentissage irait au-delà de la simple formation d’habitudes.

« Il semblerait qu’une personne apprenne à faire ces choix en se mettant à la place d’une autre personne et en appliquant les choix de cette personne à sa propre situation; il ne s’agit pas d’une simple association stimulus-réponse, que nous appelons aussi apprentissage par renforcement », explique le Pr Otto.

Le jeu de l’ultimatum

L’équipe a eu recours à une version modifiée du jeu de l’ultimatum, jeu utilisé en économie expérimentale dans lequel un joueur reçoit une somme d’argent et doit »å鳦ider quelle part il garde pour lui et quelle part il donne à un autre joueur. Le deuxième joueur peut accepter ou refuser l’offre. S’il refuse ce partage inéquitable, personne ne reçoit d’argent.

Au début, les participants jouaient chacun pour soi. Ensuite, dans la phase d’apprentissage, ils devaient accepter ou refuser des offres au nom d’une autre personne, l’« Enseignant ». Après chaque »å鳦ision, les participants »å鳦ouvraient si l’Enseignant aurait préféré refuser l’offre.

Dans un scénario, l’Enseignant rejetait aussi bien les offres désavantageuses que les offres avantageuses injustes; dans un autre, l’Enseignant ne rejetait que les offres désavantageuses. À la fin, les participants devaient de nouveau jouer chacun pour soi.

« Avec la première expérience, nous avons montré que les gens pouvaient acquérir une aversion pour l’inégalité avantageuse indirectement par observation des préférences de l’Enseignant. Avec la deuxième, nous avons obtenu le même résultat et démontré que les gens étaient capables de généraliser cet apprentissage indirect à différents contextes. »

L’équipe souligne que ces résultats revêtent une importance qui va au-delà du cadre théorique.

« Ces expériences montrent qu’un processus de conformité, c’est-à-dire la reproduction des comportements observés chez une personne ayant des préférences morales marquées, pourrait être un moyen d’encourager l’adoption de normes égalitaires dans la société », conclut le Pr Otto.

L’é³Ù³Ü»å±ð

L’article « », par Shen Zhang, Oriel FeldmanHall, Sébastien Hétu et Ross Otto, a été publié dans la revue eLife.

Ces travaux ont été financés par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, le Fonds de recherche du Québec – Nature et technologies, la Fondation canadienne pour l’innovation et le Conseil européen de la recherche.

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