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Lauréats 2022

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Professor Stefanie Blain-MoraesStefanie Blain-Moraes

Améliorer la manière dont nous interagissons avec les personnes non communicantes

Il existe de nombreuses raisons pour lesquelles des personnes peuvent être non communicantes, qu’il s’agisse d’adultes ayant subi des blessures mettant leur vie en danger en soins intensifs, d’enfants nés avec de graves handicaps multiples ou encore de personnes âgées atteintes de démence avancée. Les recherches de la professeure Stefanie Blain-Moraes visent à approfondir la compréhension des fondements neurophysiologiques et physiologiques de la conscience humaine et de l’interaction. Elle traduit ces recherches en technologies capables d’évaluer avec précision et d’améliorer la conscience et la cognition chez les personnes qui ne peuvent produire de réponses vocales ou d’autres réponses observables.

Stefanie Blain-Moraes est professeure adjointe Ă  l’École de physiothĂ©rapie et d’ergothĂ©rapie de l’UniversitĂ© şÚÁĎÍř±¬łÔąĎ, au sein de la FacultĂ© de mĂ©decine et des sciences de la santĂ©. Elle est titulaire d’une Chaire de recherche du Canada de niveau 2 en technologies de la conscience et de la personnalitĂ©.

Les travaux et le programme de formation de la professeure Blain-Moraes sont largement interdisciplinaires, dĂ©libĂ©rĂ©ment intersectoriels et hautement collaboratifs. Depuis son arrivĂ©e Ă  şÚÁĎÍř±¬łÔąĎ en 2016, elle cherche activement Ă  collaborer avec les personnes proches aidantes de personnes faiblement communicantes Ă  toutes les Ă©tapes de la recherche. Des membres de la communautĂ© ne disposant d’aucun statut acadĂ©mique sont ainsi cochercheurs dans ses demandes de subvention et cosignataires de plus de 20 % des articles Ă©valuĂ©s par des pairs qu’elle a publiĂ©s.

« Ce prix reflète les efforts extraordinaires de tant de personnes qui me soutiennent : mes brillants étudiants aux cycles supérieurs et stagiaires postdoctoraux, mes mentors, mes collaborateurs cliniques et communautaires dévoués et, par-dessus tout, mon mari et mes enfants », affirme la professeure Blain-Moraes.

Développer des technologies pour mieux évaluer et interagir avec les personnes non communicantes

Les recherches de la professeure Blain-Moraes ont permis de mettre au point de nouvelles technologies fondĂ©es sur des mesures physiologiques afin d’évaluer et d’amĂ©liorer la conscience et la personnalitĂ© chez les personnes faiblement communicantes. En peu de temps Ă  şÚÁĎÍř±¬łÔąĎ, elle a créé trois technologies novatrices destinĂ©es aux soins au point de service, qui contribuent Ă  amĂ©liorer la qualitĂ© de vie des personnes non communicantes en renforçant leurs interactions avec les personnes qui les accompagnent.

Elle a notamment développé l’Indice de reconfiguration adaptative (Adaptive Reconfiguration Index), qui a permis de prédire avec une exactitude de 100 % dans des études préliminaires si une personne non réactive retrouverait la conscience. Une autre technologie innovante, Biomusic, transforme des variations physiologiques émotionnellement significatives en production musicale. Cette invention constitue la base de son entreprise, Expressiva, une plateforme conçue à la fois pour diffuser la technologie et pour étudier ses effets chez les personnes qui en ont besoin.

« Mon laboratoire développe des technologies pour évaluer et interagir avec des personnes non communicantes », explique la professeure Blain-Moraes. « Ce programme de recherche m’a menée dans de nombreux contextes inattendus : de l’enregistrement d’électroencéphalogrammes dans des unités de soins intensifs, au travail avec des clowns thérapeutiques dans des CHSLD ; des salons de personnes atteintes de démence à la scène de spectacles de cirque servant à communiquer nos résultats au public. Je suis touchée et reconnaissante que ce parcours non conventionnel soit reconnu par le Prix du recteur. »

Une chercheuse d’exception dans le domaine des sciences de la conscience

Les travaux de la professeure Blain-Moraes ont suscité une attention internationale en soins intensifs et en recherche sur la conscience. Elle a récemment été nommée parmi les « meilleurs scientifiques de moins de 40 ans au monde » par le prestigieux Forum économique mondial. Ses recherches sur les troubles de la conscience lui ont valu le Women in Neuroanesthesiology and Neuroscience Education and Research Award décerné par la Society for Neuroscience and Anesthesia in Critical Care.

Face au manque de liens et de réseaux entre les chercheuses et chercheurs canadiens en sciences de la conscience, la professeure Blain-Moraes a créé, organisé et présidé le premier Symposium canadien sur la conscience en 2021, qui a réuni 150 participantes et participants provenant de 16 pays. Elle a publié 62 articles scientifiques et ses travaux ont été cités plus de 1 630 fois.


Professor Kyle ElliottKyle Elliott

Œuvrer à la conservation de la faune arctique pour les générations futures

« L’Arctique est en pleine transformation et, en tant que Canadiens, nous avons une responsabilitĂ© particulière de protĂ©ger la faune du Nord », affirme le professeur Kyle Elliott, titulaire d’une Chaire de recherche du Canada de niveau 2 en Ă©cologie arctique au DĂ©partement des sciences des ressources naturelles de la FacultĂ© des sciences de l’agriculture et de l’environnement de l’UniversitĂ© şÚÁĎÍř±¬łÔąĎ.

« Mes recherches me conduisent dans les régions les plus isolées du Canada, où j’ai pu observer les effets de la réduction de la glace de mer estivale, même au cours de ma carrière relativement courte », explique Elliott. « Mon équipe étudie où et quand la faune est présente dans l’Arctique ainsi que les mécanismes qui influencent ses déplacements, afin de prédire les distributions futures. Pour ce faire, nous utilisons des analyses physiologiques portables et de l’équipement de bio-logging miniature. Ces travaux sont essentiels pour préserver la faune arctique pour nos enfants et petits-enfants. »

Le professeur Elliott se distingue par des recherches novatrices et cruciales sur la faune vivant dans des écosystèmes nordiques fragiles menacés par les changements climatiques. Ses travaux portent plus particulièrement sur l’écologie des oiseaux marins vivant en liberté dans l’Arctique.

En utilisant certains des plus petits biotraceurs au monde fixés sur des oiseaux afin d’enregistrer leur localisation et leur état de santé en réponse aux changements environnementaux et aux facteurs de stress, Elliott démontre comment les écosystèmes nordiques sont affectés par les changements climatiques au fil du temps. Ses recherches ont été appliquées à des enjeux concrets, notamment la délimitation de l’une des plus grandes aires marines protégées du Canada, l’interdiction des composés perfluorés, l’élaboration de lignes directrices nationales sur le bien-être animal pour la faune sauvage et la gestion des déversements de pétrole.

Les recherches d’Elliott sont à la fois exigeantes et risquées, par exemple lorsqu’il s’accroche à une corde sur des falaises arctiques isolées de plus de 30 mètres de hauteur pour observer le comportement des oiseaux, mais elles ont un impact considérable tant pour les communautés locales qu’internationales. Ces efforts pourraient contribuer à transformer de manière significative l’industrie minière canadienne, largement dépendante des combustibles fossiles, en une industrie minière plus verte et permettre au Canada de devenir un chef de file mondial en ingénierie durable.

Comprendre les effets des changements climatiques sur les écosystèmes nordiques

D’ici 2100, la superficie de la glace arctique ne représentera qu’une fraction de sa taille actuelle. Comprendre comment les changements physiques affectent la faune arctique est essentiel pour prédire la manière dont les espèces réagiront à la réduction de leur habitat. Ces réactions influenceront l’ensemble du fonctionnement des écosystèmes arctiques. L’énergie constitue la monnaie fondamentale de l’écologie, et les travaux d’Elliott sur l’énergétique fournissent une base permettant d’établir des liens entre les processus à l’échelle des populations et des écosystèmes, notamment dans le contexte de l’augmentation de l’énergie libérée par le réchauffement climatique.

Par exemple, l’un de ses articles récents a montré que le bec du macareux, un exemple classique d’ornement sexuel, joue également un rôle important dans la dissipation de la chaleur, un résultat largement relayé par des médias tels que la BBC et Science Daily. Il a démontré que la surchauffe entraîne une mortalité importante chez les guillemots sauvages, des parents du macareux dotés de becs plus petits, ce qui est surprenant pour une espèce vivant dans des environnements froids.

Un autre article récent d’Elliott, publié dans les Proceedings of the Royal Society, a montré comment la peur peut influencer les populations. À l’aide d’un système expérimental, son équipe a démontré que la peur à elle seule peut multiplier par sept la probabilité d’extinction. À mesure que de nouveaux prédateurs apparaissent dans l’Arctique, leurs effets indirects pourraient mener à l’extinction d’espèces, même si leurs taux de prédation directe demeurent faibles.

Un leader hautement productif en recherche sur l’écologie arctique

Le professeur Elliott a déjà reçu plusieurs distinctions majeures dans son domaine, notamment une Chaire de recherche du Canada de niveau 2, le Robert G. Boutillier New Investigator Award de la Société canadienne des zoologistes et le Ned K. Johnston Young Investigator Award de l’American Ornithologists Union.

En plus de ses recherches prolifiques, il est rédacteur associé pour trois revues scientifiques et a reçu un prix de Publons le classant parmi les 50 meilleurs évaluateurs en sciences biologiques à l’échelle mondiale. Il compte déjà 143 publications, a donné plus de 100 présentations scientifiques internationales et a récemment été reconnu par le Forum économique mondial comme l’un des meilleurs jeunes scientifiques au monde.

À la suite de l’obtention du Prix du recteur pour chercheuses et chercheurs émergents d’exception, Elliott a déclaré : « Je suis profondément honoré de recevoir une distinction aussi prestigieuse d’une université où je côtoie tant de pairs remarquablement talentueux. Je remercie ma famille, mes mentors et mes étudiants, sans le soutien desquels je ne serais pas ici aujourd’hui. Ils partagent le mérite de ce prix. Cette reconnaissance me motive à poursuivre mes contributions à l’avancement des connaissances sur le Nord et au service de la société. »


Professor Marie-Claude GeoffroyMarie-Claude Geoffroy

À l’avant-garde de la recherche sur la santé mentale et la suicidalité chez les jeunes

La professeure Marie-Claude Geoffroy consacre ses recherches au risque suicidaire, aux troubles de santé mentale chez les jeunes et à leur prévention. Le suicide constitue la deuxième cause de décès chez les jeunes dans notre pays. On estime qu’environ 1,2 million de jeunes Canadiens souffrent de troubles de santé mentale. Malgré leurs conséquences dévastatrices, peu de progrès ont été réalisés dans la compréhension et le traitement des comportements suicidaires et des troubles mentaux connexes.

Forte d’une formation en psychologie et en épidémiologie, ainsi que de plus de cinq années d’expérience clinique comme psychologue pour enfants, la professeure Geoffroy étudie les influences biopsychosociales susceptibles de contribuer au déclin de la santé mentale et au risque suicidaire.

« Mon équipe de recherche se consacre à la prévention du suicide en étudiant les facteurs de protection, tels que les relations interpersonnelles et un mode de vie sain, ainsi que les stratégies de prévention visant à améliorer la santé mentale des jeunes », explique la professeure Geoffroy, titulaire d’une Chaire de recherche du Canada de niveau 2 en santé mentale et prévention du suicide chez les jeunes, au Département de psychopédagogie et de psychologie du counseling de la Faculté des sciences de l’éducation.

Ses travaux figurent parmi les premiers à avoir démontré que différentes formes d’intimidation, y compris l’intimidation en personne et la cyberintimidation, sont associées de manière distincte à des idéations suicidaires graves, à des tentatives de suicide et même à la mortalité par suicide. Ces recherches déterminantes ont mené à l’élaboration de diverses initiatives de prévention et d’intervention et ont éclairé les politiques institutionnelles et gouvernementales au Québec.

« Le nombre de visites à l’urgence pour des tentatives de suicide chez les jeunes augmentait malheureusement déjà avant la pandémie de COVID-19 », souligne la professeure Geoffroy. « Je crois fermement que les programmes scolaires et la formation des professionnelles et professionnels en prévention du suicide sont d’une importance capitale. Une seule vie perdue par suicide est déjà une de trop. »

Diriger d’importants groupes de recherche pour mieux comprendre la santé mentale des jeunes

Depuis 2018, la professeure Geoffroy est directrice de la division şÚÁĎÍř±¬łÔąĎ du Groupe de recherche sur l’inadaptation psychosociale chez l’enfant (GRIP), un centre de recherche interuniversitaire regroupant 50 chercheuses et chercheurs de sept universitĂ©s et de sept disciplines, consacrĂ© Ă  l’avancement des connaissances sur le dĂ©veloppement biopsychosocial des enfants.

Elle codirige également une plateforme de recherche du Réseau québécois sur le suicide, les troubles de l’humeur et les troubles associés (RQSHA), qui comprend une base de données de génotypage de grandes cohortes d’enfants suivis par le GRIP, dans le but d’étudier le rôle des interactions entre facteurs environnementaux et génétiques dans le développement des troubles mentaux. Grâce aux plateformes du GRIP et du RQSHA, elle a produit la première description de la manière dont les événements adverses et la vulnérabilité génétique interagissent pour influencer le suicide chez les jeunes.

En 2021, la professeure Geoffroy a été nommée directrice de l’axe santé mentale de l’Observatoire pour la santé et l’éducation des enfants, bénéficiant d’un financement de 5 millions de dollars du Fonds de recherche du Québec. Elle étudie actuellement les effets de l’intimidation vécue durant l’enfance sur l’expression génétique et le risque suicidaire.

« J’espère que l’obtention de ce prix permettra de sensibiliser davantage à l’urgence d’améliorer la prévention du suicide chez les jeunes. La prévention du suicide demeurera la priorité de mon équipe de recherche pour les années à venir », indique la professeure Geoffroy.

Une pionnière dans le domaine du développement biopsychosocial de l’enfant

La professeure Geoffroy est reconnue comme l’une des jeunes chercheuses les plus prometteuses dans son domaine. Elle est l’auteure de plus de 75 articles et chapitres d’ouvrages publiés dans des revues de premier plan en psychiatrie et en psychologie, et a publié plus de 30 articles évalués par des pairs au cours des deux dernières années. Ses travaux doctoraux comprenaient cinq articles ayant cumulé plus de 500 citations dans des revues influentes, notamment le Journal of Child Psychology and Psychiatry.

Elle a reçu de nombreux prix tout au long de sa carrière, dont le Young Investigator Award de l’International Academy of Suicide Research en 2013, par l’entremise du RQSHA, ainsi que le prix Clinician-Scientist Junior 1 du Fonds de recherche du Québec (Santé), une distinction hautement compétitive décernée aux chercheuses et chercheurs les plus prometteurs en fonction de leur productivité et de l’excellence de leurs travaux.


*Les profils présentés sur cette page ont été rédigés en 2022.

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